Patchwork de tissus, tantôt aux motifs géométriques, tantôt orné de fleurs et de
feuilles, ses formes et ses couleurs expriment la nature et la vie quotidienne de l’archipel. Il est le fruit de longues heures d’un patient travail de conception, de préparation et de
couture.
L’histoire du tifaifai remonte au
XVIIIème siècle. Le patchwork,
plus particulièrement le kilt, est introduit en Polynésie française par les femmes des premiers missionnaires protestants américains, qui l’enseignent d’abord aux femmes de la haute société
polynésienne. " Dans la langue polynésienne, le mot tifaifai vient du verbe tifai
qui signifie raccommoder, rapiécer "
Bien avant l’arrivée des Européens, les Polynésiens fabriquaient un tissu
végétal que l’on appelle tapa avec des écorces d’arbre. Lorsque le tapa a été remplacé par le calicot, ils se sont donc naturellement appropriés le patchwork. Au fil des années,
le tifaifai est devenu l’un des symboles les plus marquants de l’artisanat polynésien.
On offre traditionnellement un tifaifai lors de grandes occasions,
comme un mariage ou une naissance. Par exemple, à l’occasion de la visite du président de la République sur le territoire en juillet 2003, Bernadette Chirac a reçu un tifaifai en
mosaïque, aux ramages géométriques et aux couleurs chatoyantes en cadeau de bienvenu. Il sert à couvrir les oreillers, le lit et parfois à tapisser les murs des maisons.
Autrefois, les mamas recherchaient principalement leur inspiration dans la
nature. Parmi la multitude de dessins de fruits et de fleurs : ananas, hibiscus, fougères, feuille de l’arbre à pain ainsi que la fameuse tiare Tahiti, emblème de la Polynésie française. Une
fois cette technique d’assemblage acquise, les artisans polynésiens ont laissé libre court à leur imagination et à leur créativité.
Les motifs s’enrichissent et on voit apparaître de nouveaux dessins originaux et
figuratifs, avec des tatouages polynésiens. Certaines couturières vont jusqu’à raconter leur histoire ou celle de leur île sous différentes coutures.
La réalisation d’un tifaifai s’effectue
en quatre étapes : le dessin, la découpe, le bâtissage et la couture. Cette dernière étape est l’opération la plus longue. Tout dépend de la dimension du drap, de la complexité du motif et
de la finition, s’il est brodé ou non.
Ce sont en fait deux draps montés l'un sur l'autre : l'un sert de base et le deuxième est entièrement découpé au motif voulu. La découpe est d'une seule tenue c'est à dire que le deuxième drap
n'est pas découpé en plusieurs morceaux. Après la découpe, le 2ème drap est toujours qu'en un seul morceau.
Le motif découpé est ensuite cousu sur le 1er drap.
Par exemple, une couturière expérimentée mettra en moyenne un mois pour coudre et broder un tifaifai, représentant deux couronnes de tiare Tahiti. En revanche, elle prendra deux semaines
pour un ramage avec des ananas.
Il faut toutefois faire attention dans le choix de la matière : éviter les
textiles extensibles et ceux qui déteignent au lavage.
L’utilisation d’une machine à coudre peut permettre de gagner du temps, mais la
finition se fait toujours à la main. Par ailleurs, les amateurs préfèrent toujours un drap cousu main à un drap cousu à la machine.
De nos jours, par soucis d’économie ou par goût pour la couture, ils préfèrent
acheter le tifaifai assemblé et bâti. Il coûtera trois à quatre fois moins cher qu’un produit fini. Monté, il coûte entre 5 000 et 10 000 francs pacifique (40 et 83 €) alors que le prix
d’un drap fini varie entre 30 000 et peut atteindre 120 000 francs Pacifique (1000 € env).
L’art du tifaifai a évolué grâce au travail et aux manifestations culturelles organisées chaque année par le
ministère de la Culture de l’archipel, le service de l’Artisanat traditionnel et le comité Tahiti i te rima rau. Ces expositions et ces concours permettent de mettre en avant la qualité
et le travail des produits polynésiens.
Bien que la confection du tifaifai soit devenue une activité artisanale et commerciale locale, il n’existe pas d’école de couture où l’on enseigne cet Art. Il est surtout transmis de
mère en fille, d’une génération à l’autre.
Nous partons donc en direction de la mairie de Papeete pour aller voir le 10ème salon du Tifaifai. Ouverture de
la cérémonie avec bénédiction (comme pour toutes les manifestations ici), discours (bien sûr) des différentes personnalités concernées, et danses tahitiennes des mamas qui vont présenter leur
travail.

Ce travail est quelque chose de remarquable, il faut parfois un mois pour confectionner un tifaifai. je vous laisse
apprécier en images .......
Bon et bien vous n'avez plus qu'à essayer !!! Un peu de patience et beaucoup de place !!!!!
Nana.
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